Women in tech, le quotidien de Leila, DevOps dans l‘IT

Vision et expérience d’une DevOps dans la Tech, un secteur ancestralement masculin.
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Introduction par Mélina Torré, Talent Coach chez HireFirst
Après quelques années passées dans le monde de la beauté et du luxe, entourée de femmes, j’ai décidé de changer du tout au tout pour découvrir un tout autre secteur : celui de l’IT. Pour, cette fois-ci, me retrouver entourée d’hommes.

Accompagner des candidats tech dans leur recherche d’emploi, en les coachant, en échangeant avec ces Développeurs, Data Scientists, DevOps, ect… voilà mon quotidien. J’avais des aprioris concernant ce nouveau challenge tant sur le plan professionnel que relationnel. Mais j’ai été agréablement surprise. Loin des clichés qui existaient sur le milieu, j’ai découvert un environnement où le respect et la considération sont maître-mots.

Fruit du hasard (ou pas), le premier candidat que j’ai accompagné jusqu’à l’obtention de son CDI fut… une candidatE ! Pourtant en 2019, les femmes représentaient moins de 20% des candidats IT en entreprise. Fière et intriguée, j’ai décidé d’en savoir plus sur ce que pouvait penser une femme évoluant dans la tech.

Au travers de cette interview, découvrez les pensées, les ressentis, les anecdotes de Leila sur l’ITsecteur à la (claire) dominance masculine.

L’interview

Hello, peux-tu te présenter ?
Je suis Leila, DevOps chez l’un des leaders de la web-sécurité en France.

Peux-tu nous raconter ton quotidien ?
Je suis Responsable du déploiement avec une autre personne, nous devons donc traiter les différentes sollicitations de l’équipe et gérer les priorités évidemment.
– En général, j’arrive vers 8h au travail et finalise les actions de la veille
– 11h30 : nous avons notre daily meeting qui nous permet de relever les potentiels problèmes et actions à réaliser sur la semaine.
– L’après-midi nous avons d’autres “réunions agiles”, basées sur des rituels agiles (comme le grooming, toutes les 2 semaines., qui consiste à lister les étapes de travail pour produire une démo du travail effectué et restant pour les 2 prochaines semaines)
– 17h30–18H : fin de journée en fonction du travail à réaliser.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton job ?
C’est toute la partie pratique, gérer une infra, voir pleins de choses. Mais aussi toutes ces machines… les manipuler, les recréer et être responsable d’une application qui tourne en permanence.
Un autre aspect est le fait que tout ça soit concret. C’est ultra challengeant de gérer au mieux toutes ces problématiques avec une réactivité accrue.

Cela fait combien de temps que tu es dans l’IT ?
J’ai 10 ans d’expérience dans l’IT (background IT).

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce secteur ?
La programmation, tout ce qui gravite autour des algorithmes et des mathématiques, ce qui est logique et concret contrairement au milieu de la recherche où j’étais avant.
J’aime le côté concret des choses et avoir le feedback client de mon travail, c’est ce qui me passionne afin de pouvoir toujours m’améliorer.

Comment te sens-tu en tant que femme dans ton métier ?
Je me sens bien. Tout est une question de personnalité et d’égo.
Le niveau d’égo de chaque homme est différent mais très présent (rires) et il faut apprendre à composer avec chacun d’entre eux. Le plus important, est que cela reste professionnel et toujours dans le respect des uns des autres
.

Comment vis-tu le fait de travailler avec une majorité d’hommes ?
Nous sommes une équipe de 12 personnes — 2 femmes (une dev front et moi) et le reste sont des hommes. Ça se passe bien car je sais m’arrêter quand il y a des tensions… car ça monte vite avec les hommes. J’ai souvent le rôle de l’arbitre, parfois ça m’amuse et parfois… ça m’énerve !
Ce sont des hommes, des GRANDS ENFANTS, même à 45 ans passés. Finalement je pense que c’est typiquement un trait de caractère masculin.

As-tu déjà vécu des discriminations en tant que femme sur le plan professionnel ? Si oui, peux-tu nous en dire plus ?
Dire non serait mentir. Je prends plutôt les choses avec le sourire tant que ça reste respectueux. Les remarques, les vannes… je peux en rire et en faire aussi ! Toujours sur le ton de la plaisanterie et du respect bien-sûr (rires).
Par le passé, pendant des réunions, le responsable disait souvent « bonjour les garçons » et puis il se rappelait qu’on était là nous aussi, les femmes. En tant que femme, on nous demande moins notre avis et de manière générale, ce sont souvent les hommes qui décident au final.

Et ce n’est pas trop dur à vivre au quotidien tout au long d’une carrière ?
Je laisse couler car le jour où ils se rendront compte que ma proposition était la bonne, je serai là, les attendant au tournant (ça arrive très souvent).
En vrai ce qui m’importe le plus : ne pas perdre de temps.

Pour qu’il y ait plus de femmes dans l’IT, quels changements sont nécessaires ?
Le problème commence très tôt, pas forcément au moment du recrutement mais plutôt dès l’école. Je pense qu’il faut accepter de former des femmes, plus les écouter quand elles arrivent dans le secteur de l’IT. Tout cela passe, tout simplement, par une plus grande ouverture d’esprit.

Quel conseil donnerais-tu à une jeune femme qui souhaite intégrer le secteur de la tech ?
Savoir prioriser le travail pour être indépendante (subvenir notamment aux besoins de sa famille), le côté affection/émotion qui peut déborder souvent et il ne faut pas le laisser prendre le dessus.

Et au passage, peux-tu nous donner ton avis sur HireFirst et l’accompagnement que tu as eu pour trouver ce nouveau job ?
Très bon accompagnement de la part de Mélina, process rapide, passation entre HireFirst et le client fluide. Je recommande.

En conclusion :

Je sais que les aprioris et le jugement sont naturellement présents chez l’Homme (avec un grand H).

Apprendre à découvrir l’autre est nécessaire. Je suis convaincue qu’il faut lire le livre en entier plutôt que de juger un livre à sa couverture. Masculin, féminin, autre… peu importe. Travailler dans le respect de l’autre, de l’Humain est primordial.

Selon vous, pour qu’il y ait plus de femmes dans l’IT, quel changement est nécessaire ?